document.write('
MOLEGBE
LISALA
BUDJALA
INONGO
KINSHASA
BOMA
ECHOS 142
Février 2008
PROVINCE CICM KINSHASA
Pour notre réflexion
Divorce entre la pratique religieuse et l’agir concret
Il y a quelque temps, une de mes paroissiennes, veuve, avec ses quatre filles mineures, a été spoliée de son appartement, bien qu’elle ait tous les documents en bonne et due forme prouvant que cet appartement lui appartient. En effet, son feu mari l’avait bel et bien acheté en 1974 d’un médecin belge, et dans son testament il l’a légué à sa veuve et ses enfants. Depuis de longues années, un intellectuel, juriste, ancien élève de cicm, ex-grand séminariste, aujourd’hui honorable député, a convoité cet appartement. L’affaire est allée de jugement en jugement. La veuve s’est ruinée pour payer les avocats et les procès. Malgré tout cela, elle a perdu le procès et elle a été jetée dehors avec ses quatre enfants, car la partie opposante a corrompu les juges et tout l’appareil de justice. J’ai été témoin de ce déguerpissement : cinq policiers, armés jusqu’aux dents, devant la porte, pour intimider la veuve et ses enfants, pendant que quelques jeunes jetaient tout au garage en bas. Les enfants ont eu des cauchemars pendant des semaines, en plus, ils ont échoué à l’école. Nous avons parlé de ce « cas » au conseil paroissial, et nous avons décidé d’organiser une collecte spéciale pour soutenir cette famille mais surtout pour exprimer notre solidarité. Les personnes de la justice et les autorités présentes à l’église ont entendu cette annonce avec quelques mots d’explication.
Cette petite anecdote, je pourrais en raconter beaucoup d’autres, est une illustration de ce que nous avons dit lors de l’Assemblée provinciale de juin 2007.« Il y a une crise religieuse, éthique et politique de la société et de l’Eglise. Il y a un divorce entre la pratique religieuse et l’agir concret. Il y a en plus une crise intellectuelle. Beaucoup possèdent la science, mais ont perdu la conscience. Il y a un divorce entre l’intelligence et la conscience » Et comme remède, les participants à l’Assemblée provinciale mentionnent une formation en profondeur à tous les niveaux de la société et de l’Eglise, surtout en ce qui concerne la justice, l’honnêteté, la conscience professionnelle, le bien commun, et spécialement la formation et l’animation des intellectuels » (Rapport AP 2007, p. 19).
Les écoles catholiques ont formé des intellectuels brillants. Elles avaient souvent les meilleurs élèves et étudiants. Mais, ayant terminé les études, une fois engagés dans la vie concrète, dans le monde des affaires, de la justice, de la politique, ces intellectuels agissent comme s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’Evangile, de l’éthique et de la morale chrétienne. Pourtant, nombreux parmi eux sont des pratiquants et de fervents chrétiens. Mais une fois sortis de l’église, ils ne peuvent affronter la vie concrète qui leur semble être plus compliquée.
L’Assemblée provinciale a jugé qu’une pastorale des intellectuels, des dirigeants, des « grands » de ce monde mérite une plus grande attention de notre part.Car ni l’école catholique, ni le baptême et la pratique religieuse ne produisent automatiquement des dirigeants honnêtes, consciencieux, dévoués et engagés pour la justice et la paix. Après l’école, il faut un suivi. Comment s’y prendre ? Ce n’est pas chose facile. Quelques possibilités nous sont quand même données.
Relancer l’ADAPES
Nous avons constaté que l’ADAPES (Association des Anciens des Pères de Scheut) nous a échappé. Ainsi, l’Assemblée provinciale a demandé au Père Alfons Verhulst de reprendre contact avec cette association, surtout avec les plus jeunes, afin d’y insuffler un nouvel esprit.
D’autres occasions nous sont données pour annoncer aux intellectuels et dirigeants la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Je mentionne quelques pistes, me référant à ce que j’essaie de faire à la paroisse Notre-Dame de Fatima.
Célébrations
Cette paroisse est fort fréquentée par des chrétiens et d’autres personnes « d’un certain niveau », si je peux le dire ainsi. Des chrétiens de tous les coins de la ville viennent participer aux messes dominicales. Ainsi, chaque dimanche est une occasion pour leur annoncer l’Evangile, et l’Evangile interpelle toujours. Personne ne peut rester indifférent ou neutre devant la parole de Dieu.
En outre, Notre-Dame de Fatima est encore sollicitée pour beaucoup d’autres célébrations. A titre d’exemples : de nombreusesfamilles demandent une messe d’action de grâce pour le 40e jour ou un anniversaire de la mort d’un des leurs. Des couples désirent célébrer leur mariage à cette paroisse. Les parents de l’école belge y viennent célébrer le baptême et la première communion de leurs enfants. Ou encore, des associations de toutes sortes demandent une messe d’action de grâce pour un de leurs membres qui a reçu une promotion. Un jour, une famille a demandé une messe en mémoire d’un cher défunt, général de l’armée, assassiné. Un jour j’ai reçu un groupe de journalistes et de gens des médias pour une messe en mémoire de leur collègue assassiné à Bukavu. Ceux et celles qui participent à ces célébrations sont bien sûr des chrétiens catholiques, mais aussi des adeptes d’autres religions, d’églises de réveil ou même des incroyants.
J’avoue que ce n’est pas toujours facile de prêcher pour une telleassistance. Mais en préparant une homélie pour ces célébrations, je fais parfois l’expérienceque l’Esprit est aussi à l’œuvre. Et l’Evangile est là, une parole qui interpelle et exhorte « à temps et à contre temps », comme dit saint Paul. Le choix des lectures est déjà un message. Souvent il ne faut pas y ajouter beaucoup de commentaires, quelques paroles d’actualisation suffisent.
« Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur... » (Mt 20,25-26). Etre grand selon l’Evangile veut dire être serviteur, se mettre au service de ses frères et sœurs. D’ailleurs le titre « ministre » signifie étymologiquement « serviteur ». Porter une autorité veut dire faire grandir l’autre, promouvoir l’autre, promouvoir le groupe, l’association, le peuple. Quelle noble tâche ! C’est d’ailleurs cela que nous attendons de nos supérieurs, que le peuple attend des dirigeants et des autorités.
Dans sa prière, Salomon, le jeune roi, ne demandait pas la richesse et la gloire, ni la mort deses ennemis, mais l’intelligence et la sagesse pour bien gouverner le peuple. Un jeune roi qui reconnaît la grandeur de sa tâche et qui l’accepte en toute humilité et en comptant sur l’aide de Dieu (cfr 1 R 5-15). Tant qu’il a gouverné le peuple dans cet esprit, il était un bon roi. Dès qu’il a quitté ce chemin, du moment où il a commencé à exercer le pouvoir comme les grands des nations, cela a tourné mal.
Le Conseil paroissial
« Le Conseil paroissial est l’organe officiel qui assiste le curé dans l’organisation et la coordination des toutes les activités pastorales de la communauté paroissiale. Toutes les questions importantes de la vie paroissiale seront proposées et discutées au sein du Conseil paroissial »(Gouvernement pastoral de l’archidiocèse de Kinshasa, p. 56).
Le Conseil paroissial joue un rôle très important dans la vie de la communauté paroissiale. Il donne une orientation aux activités paroissiales, fixe les priorités et y insuffle un certain esprit. Ainsi, les membres du Conseil paroissial se sont engagés très fort dans l’éducation civique et électorale : ils ont animé les paroissiens par leur exemple et leur parole à y participer nombreux. C’était pour tous une prise de conscience de leur responsabilité dans la communauté paroissiale et dans la société. Les Commissions Justice et Paix et des Intellectuels ont organisé régulièrement des conférences sur des sujets brûlants de la société. Le Conseil paroissial a demandé une récollection qui avait comme thème : « Notre foi et notre engagement dans la société ». Tous sont conscients qu’il existe un écart entre la foi et la vie et qu’il faut y faire quelque chose.
Visites d’amitié
Il appartient au ministère d’un curé de visiter les paroissiens. D’ailleurs, la majorité des fidèles aiment une visite de leur pasteur. Aussi, il n’est pas rare qu’il soit invité pour l’une ou l’autre occasion. Jésus se rendait aussi chez Marthe, Marie et Lazare. Il se sentait à l’aise dans cette famille. A maintes reprises il était invité, soit chez un pharisien, chez un collecteur d’impôt : il se faisait inviter lui-même chez Zachée. Il était invité, avec ses disciples, à la fête de mariage à Cana. Chaque fois, Jésus a profité de ces occasions pour annoncer la bonne nouvelle, et parfois il interpellait ses hôtes pendant qu’ils prenaient le repas ensemble. On peut appeler ses visites d’amitié ou ses invitations, des visites pastorales. Jésus gardait sa liberté de parole, il ne se laissait pas récupérer.
Il arrive que, lors de nos visites d’amitié, nos hôtes nous donnent des cadeaux. C’est un signe d’amitié et d’encouragement que nous accueillons avec joie. Mais un cadeau ne peut pas nous empêcher d’annoncer la bonne nouvelle. Parfois, il y a des personnes qui tendent un piège, afin que nous nous taisions sur certaines situations.
Un autre danger, qui guette le pasteur surtout dans une situation économique précaire,ce sont les invitations à célébrer les messes et des baptêmes à domicile. Tout d’abord, cette pratique privatise les sacrements et ne promeut pas une pastorale ecclésiale et ne construit pas la grande communauté des enfants de Dieu, qui est plus large que la famille physique. « Ma mère, mes frères et mes sœurs sont ceux et celles qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8,21). En outre, une enveloppe bien chargée corrompt souvent la rectitude spirituelle et le courage prophétique, conditions indispensables pour annoncer la parole de Dieu en toute vérité.
Dieu donne cette consigne à son peuple, que nous trouvons peut-être quelque peu exagérée: « Tu n’accepteras pas de cadeau, car le cadeau aveugle les clairvoyants et compromet la cause des justes » (Ex 23,8). Et Ben Sira le Sage met ses amis,les sages, en garde en ces termes : « Présents et cadeaux aveuglent les yeux des sages, et comme une muselière sur la bouche empêchent les reproches (Si 20,29).
Notre comportement et notre parole doivent être toujours un comportement et une parole de prophète, qui jaillit de l’écoute de la parole de Dieu dans notre cœur, et que nous annonçons en toute liberté. Les prophètes encourageaient le peuple dans sa détresse et ils lui rendaient l’espérance et la confiance ; mais quand les uns exploitaient les autres, quand les dirigeants et les autorités ne suivaient plus le chemin de la justice, quand ils ne respectaient plus les faibles et les petits, alors leurs paroles tombaient comme un couteau. Quand la religion devenait formalisme et quand le peuple y cherchait une fausse sécurité, le prophète lui disait : « Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de fouler mes parvis ? Cessez d’apporter de vaines offrandes. Vos néoménies et vos solennités, je les déteste, elles me sont un fardeau, je suis las de les supporter » (Is 1,12-14). Mais ce que Dieu veut, c’est ceci : « Otez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, mettez au pas l’exacteur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve » (Is 1,16-17). Ou encore : « Que le droit jaillisse comme les eaux et la justice comme le torrent intarissable » (Am 6,24).
Jos Das, cicm
Nouvelles desconfrères
18 février 2008, les confrères qui avaient pris part à la session de justice et paix en ont fait la restitution à un bon nombre des confrères. Fernand Degroote, Daniel Katona et Pierre MuambaTujibikile ont pris la parole tour à tour pour partager avec nous leur expérience de la session justice, paix et intégrité de la création. Fernand Degroote nous offre un résumé de ce partage dans son article.
Le 21 février 2008, après 52 ans de présence et de service dévoué au Congo, le Fr. Joseph Vanderbiest est rentré en Belgique, son pays natal pour y prendre sa retraite. A travers ces lignes,nous voulons lui dire de tout cœur merci pour ce qu’il a été et fait pour ses frères et sœurs congolais, spécialement de Kinshasa.
23 février 2008, le centre THEOPHILE Verbist a clôturé le programme de ressourcement de 6 semaines. Six religieuses de différentes Congrégations et provenant de tous les coins de la République ont été les heureuses lauréates. A cette occasion, une messe d’action de grâce a été présidée par Michel Ekonzo, vice provincial entouré de Mavinga Ngimbi et de Gabriel Kayeya. Un repas fraternel a été offert après l’eucharistie.
28 février 2008, le nouvel archevêque, récemment installé, a convoqué les religieux et religieuses de l’archidiocèse à une rencontre fraternelle sous le thème : « l’archevêque à l’écoute de la vie consacrée ». L’événement a eu lieu dans la cathédrale métropolitaine.Des centaines de religieuses et religieux et parmi eux plusieurs confrères cicm, ont accouru pour parler à celui qui va désormais guider le peuple de Dieu de Kinshasa. La pastorale avec les malades, la pastorale avec les handicapés physiques et mentaux, la pastorale avec les prisonniers, la pastorale éducative, la pastorale avec les jeunes, les mass media étaient quelques thèmes abordés. L’archevêque a exprimé son désir de célébrer ce genre de rencontre au moins deux fois par an.
29 février 2008, nous avons accueilli, Edouard Tsimba, notre supérieur général. Il est venu spécialement pour ouvrir la session de préparation intense aux vœux perpétuels des nos confrères stagiaires. C’est pour la toute première fois qu’une session de ce genre est organisée au niveau de la région Afrique.
2 mars 2008, notre confrère évêque Godefroy Mukeng’a Kalond, entouré de ses confrères évêques et prêtres et en présence d’une multitude des fidèles chrétiens, a célébré ses 50 ans de vie sacerdotale. La célébration a commencé par une eucharistie présidée par le jubilaire lui-même dans la cathédrale Notre Dame du Congo et elle s’est terminée par un cocktail fraternel.
3 mars 2008 le supérieur général, Edouard Tsimba, a ouvert solennellement la première session de formation intense en vue de la profession perpétuelle. 7 candidats y prennent part : 3 du District autonome CICM du Sénégal; 2 de la Province CICM du Kasayi et 2 de la Province CICM de Kinshasa. La session a lieu au centre Théophile Verbist de Kinshasa et durera un mois. Nous souhaitons à nos confrères un agréable temps d’intimité avec Celui qui est à l’origine de notre vocation.
Le 9 mars 2008 le supérieur général est rentré à Rome après un séjour d’une semaine parmi nous.
Le même jour, le prénoviciat interprovincial a célébré la fête des parents. A cette occasion une messe a été présidée par le Provincial et bien animée par la chorale enthousiaste des prénovices.
Le 10 mars 2008,un repas fraternel a été offert autour de la Piscine Saint Raphaël a l’occasion des 50 ans de vie sacerdotale de Mgr Godefroy Mukeng’a Kalond.
Les nouvelles de Menkao
Je suis rentré à Kinshasa depuis le 1 février 2008.
La mort de ma nièce Lien et de son fiancé Pieter, ses beaux-parents et sa belle sœur, nous a bouleversés énormément. La nouvelle de l’accident nous est tombée le soir du 26 décembre. La maman de Lien, ma sœur elle-même, m’a annoncé le crash de l’hélicoptère.
Je remercie la Congrégation de m’avoir accordé la faveur de pouvoir assister au deuil de ma famille. Ma famille aussi est très reconnaissante envers CICM et lui exprime toutesa gratitude.
Plusieurs confrères m’ont contacté et m’ontprésenté des condoléances, quand j’étais de passage à Kinshasa pour Bruxelles. Ils me souhaitaient courage et force pour pouvoir assister la famille. En effet, il faut la force et le courage et certainement aussi la foi et l’espoir en Christ, sans quoi je n’aurais pas su faire ce que j’ai pu faire…
La cérémonie d’au revoir était très émouvante, et en même temps très sereine et priante. Une église pleine et une foule de gens à l’extérieur encore, tous autour des cinq cercueils. Les cercueils de Lien et Pieter au premier rang et derrière eux le cercueil du beau-père Willem avec à sa droite Ria, sa femme et à gauche Kristel, leur fille…
A travers une cérémonie bien préparée, j’ai eu le bonheur de pouvoir marier religieusement Lien et Pieter. Ce qui était prévu pour le 20 septembre, nous l’avions fait symboliquement le jour de l’Adieu. « Ce que Dieu unit, personne ne peut … ». Devant les parents vivants, ma sœur Annemie et beau-frère Herman et leur fils, Roel et aussi en présence des parents défunts, Wim et Ria, parents de Pieter, nous avons prononcé la bénédiction nuptiale. Roel s’est avancé et symboliquement il a lié les deux cercueils avec un ruban blanc soulevé par le bouquet de fleur.
Grand merci à tous, Paul Lepoutre, Père Général Edouard Tsimbapour son coup de téléphone et lettre, Père MauriceNsambo pour le suivi intéressé, et tous les confrères de la Province de Kinshasa et de BNL.
Et la vie continue… nous continuons à vivre avec nos frères et sœurs défunts !
Paul Lepoutre n’a pas chômé pendant mon absence. Il s’est organisé ! Les visites des communautés villages proches : Bita, Mboka Polo et Ndako Mpembe…
Nous avons aussi une bonne équipe de laïcs engagés qui prennent leurs responsabilités à cœur. Catéchèse et liturgie, finances et un tas d’autres choses continuent leur bonne marche même pendant notre absence. D’où notre préoccupation prioritaire de la formation de nos chrétiens engagés.
L’expérience de cette absence imprévue nous pousse davantage à nous occuper de la formation des laïcs. Nous devons les préparer à prendre leur Eglise communauté en charge. Notre Eglise devient (heureusement) de plus en plus une Eglise soutenue par les fidèles laïcs. Un laïcat responsable, qui proclame la bonne nouvelle, qui cherche à se sanctifier et qui construira un monde nouveau, animé par un esprit évangélique et servi par les prêtres et religieux.
Quelques nouvelles :
° Un grand vent, comme il y en a souvent lors du changement de saison, a enlevé le toit de l’école primaire de Bu. Cette école était construite à l’initiative de Ferre Degroote et exécuté par Félicien Ntambue, avec un fond de la province de Brugge (West Vlaanderen) en Belgique. Les enfants sont en détresse et attendent de l’aide… La direction de l’école s’organise déjà.
° Le 8 février une messe d’action de grâce était célébré pour le repos des membres de la famille du Père ToonTanghe. Plusieurs confrères de Kinshasa ville sont venus à Menkao. Malheureusement, deux crevaisons les ont retardés. Mais, dépannés par Paul Lepoutre, ils ont pu quand même être présentspour assister et célébrer l’eucharistie avec Toon.
° L’œuvre pontificale de la propagation de la foi finance la construction de la cure de la nouvelle paroisse à Mutiene-Bif, le village situé au delà de la rivière Mai Ndombe. Les travaux ont commencé et avancent bien. Nous aspirons à l’ouverture de la nouvelle paroisse pour pouvoir nous décharger de la pastorale à Dumi et environs. Une construction semblable sera érigée à Mambutuka, où notre confrère Fréderic Gangler s’est noyé et où il est enterré. Mambutuka deviendra aussi une paroisse. Espérons qu’on trouve du personnel pour ces nouvelles fondations.
Antoon Tanghe, cicm
Evénements
Mot de circonstance pendant le repas d’aurevoir à Joseph Vanderbiest
Notre confrère Jozef Vanderbiest est arrivé à Léopoldville le samedi 29 janvier 1955 vers 17h30 par le train venant de Matadi. Il avait alors 29 ans. Il fut acheminé vers la paroisse Saint Paul à Barumbu. Il allait vivre en communauté avec les confrères qui étaient nommés à cette paroisse.
Photographe de formation, ce jeune homme de 29 ans devint le photographe-reporter de La Croix du Congo et du Kongo ya Sika; deux journaux bien connus des Congolais à l’époque coloniale. Il fit des reportages pour ces journaux pendant près de trois ans. En effet, de 1958 à 1962, Jozef travaille avec les Pères de Saint Paul à la 10e rue à Limete. En même temps, il est le photographe-reporter à l’agence CEDIC devenue DIA de nos jours. Il restera attaché à l’agence CEDIC jusqu’en 1964. C’est alors qu’il prend son congé en Belgique après 9 ans de vie missionnaire au Congo.
En 1965, après son congé, il est le compagnon du Père Paul Vancoillie pour ouvrir l’Imprimerie du CEP, devenue aujourd’hui l’Imprimerie de la Mission. Il y travaillera jusqu’au 31 décembre 2003, jour où il rejoignit la communauté cicm de Syméon.
Pendant ces années actives et même pendant les années de repos à Syméon, notre confrère Jozef travaillait pour la Justice et Paix et l’Intégrité de la Création sans utiliser ces mots difficiles pour un non initié. En effet, avec tant d’autres confrères attachés à des services cicm, Jozef était soucieux du bien-être des ouvriers. C’est ainsi que nos confrères attachés à des services cicm ont amélioré les avantages légaux sociaux et non légaux des ouvriers. En même temps, Jozef aimait vivre dans un environnement propre, agréable. C’est ainsi qu’il avait un aquarium qui lui permettait d’admirer la beauté des plantes aquatiques et la vie des poissons heureux dans l’eau.
Jozef fleurissait les anniversaires des confrères. Et tous les confrères de Syméon, sauf un, aspiraient à célébrer, chacun, son anniversaire afin de s’asseoir à table sous un baldaquin bien décoré de ballons de diverses couleurs. Enfin, pendant le temps de Noël, les confrères étaient heureux de vivre dans un salon bien enguirlandé.
Et que dire de nombreux services rendus à la communauté? Réparation des montres; fixation des montures qui se mettaient à jouer ou des verres de lunettes qui tombaient; le soin des bougies (cierges) qui brûlent à l’autel et devant la statue de la Vierge à la chapelle, etc.
Sans blesser sa modestie, je me permets de dire que Jozef a été un grand bienfaiteur de la Maison Syméon. Presque chaque année, Jozef faisait un grand don à la Maison Syméon. Hier encore, en rentrant de Belgique, il a apporté un don pour la Maison Syméon.
Cher confrère Jozef, au nom de la Maison Syméon, je vous dis un seul mot: «Merci» et n’oubliez pas la Maison Syméon là où vous serez, dans un pays de consommation! Que ce modeste repas d’au revoir qui nous rassemble ce soir, soit le signe de notre gratitude pour tout le bien que vous avez fait parmi nous ici à Léopoldville-Kinshasa.
Cher confrère Jozef, que Dieu te bénisse et bon retour au pays natal. (Chant: Faut-il nous quitter..).
Laurent Mpongo,cicm
A l’occasion des 50 ans d’ordination sacerdotale de Mgr. Godefroy Mukeng’, cicm
Cher confrère Mgr. GodefroyMukeng, au nom de notre Administration générale, au nom de tous les confrères ici présents, et en mon nom personnel, je dis merci à Dieu pour la vie et pour tout ce que Lui-même a fait pour son peuple par votre ministère sacerdotal. Félicitations et Bonne Fête !
Je profite de cette occasion pour féliciter et souhaiter la Bonne Fête à tous nos confrères qui, cette année, fêtent 60, 50 et 25 ans d’ordination sacerdotale. Ils sont 62.
Félicitations et Bonne Fête à tous nos confrères qui, cette année, fêtent 70, 60, 50 ans et 25 ans de vie religieuse. Ils sont 68. Certains de ces confrères jubilaires sont ici au Congo et je sais qu’au mois de juin, les confrères présents à la Province de KIN vont fêter ensemble, comme d’habitude.
Cher confrère Mgr. Mukeng Godefroy, je vous demande à vous, ainsi qu’à tous les confrères jubilaires d’ordination sacerdotale, de vous rappeler des « OUI JE LE VEUX » et des « OUI, JE LE VEUX AVEC LE SECOURS DE DIEU », réponses que vous avez données aux questions le jour de votre ordination sacerdotale.
Je demande aux confrères jubilaires des vœux, de se rappeler du « OUI » qu’ils ont dit le jour de leur première profession religieuse, comme des « OUI » lors des renouvellements des vœux et de la profession perpétuelle.
Nous avons tous dit « Père tout puissant, JE fais vœu de chasteté, de pauvreté et d’obéissance dans la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, selon ses Constitutions, me mettant TOTALEMENT au service de la mission confiée à l’Institut ».
Par ce OUI, tous, nous nous sommes donnés avec beaucoup d’amour et avec beaucoup de passion à Dieu, pour ainsi nous donner avec beaucoup d’amour et avec beaucoup de passion au service de son Peuple, nos frères et sœurs. Nous nous sommes donnés à Dieu pour être plus généreux et plus disponibles « à être envoyés pour annoncer la Bonne Nouvelle où notre présence missionnaire est le plus nécessaire, pour proclamer le salut comme le grand don de Dieu qui peut libérer de toute oppression et de toute division, en nous adressant de préférence aux pauvres, destinataires privilégiés de Royaume de Dieu. Missionnaires religieux de différentes raceset cultures, nous vivons et travaillons ensemble comme des frères. Un seul cœur et une seule âme. (cfr. Const. Art.2)
Prions les uns pour les autres. Confions-nous à l’intercession de la Sainte Vierge Marie, modèle de foi et de fidélité et patronne de notre Congrégation. Que son exemple nous inspire et nous encourage tous à participer à la construction du Royaume de Dieu.
Bonne Fête, courage cher confrère.
Merci à vous tous présents à cette messe d’action de grâces.
Edouard Tsimba, cicm
Supérieur général
Eglise et société
Avons-nous oublié le 16 février ?
C’est le 14 février que j’ai appris par un ami, par hasard, que le « Collectif du 16 février » avait prévu une célébration eucharistique à la paroisse St-Joseph en mémoire des martyrs de la marche de l’espoir du 16 février 1992. J’en étais heureux, car le peuple congolais n’a pas le droit d’oublier cet événement. Ce même ami me disait que Monseigneur Laurent Monsengwo, notre nouvel archevêque, avait accepté de présider cette Eucharistie.
Samedi donc, le 16 février, à 11 h, nous étions à l’église St-Joseph, Père Isidore Ndjibu, Sr Pacita et moi-même. Il y avait peu de mouvement. Néanmoins, j’y ai rencontré plusieurs amis qui avaient participé à la marche ce fameux 16 février 1992.
D’une part, je suis content que l’événement ait été commémoré, mais d’autre part, je ne peux pas cacher une certaine déception. Très peu de gens étaient au rendez-vous. Les prêtres, religieux et religieuses brillaient par leur absence. Les raisons de cette faible participation ? Improvisation et manque de préparation ? J’avais cette impression. Mais peut-être aussi, manque de motivation ? Le 16 février est déjà loin. Aujourd’hui, la majorité du peuple congolais a d’autres préoccupations, absorbé qu’il est par les soucis quotidiens pour vivre et survivre.
Par contre, il y avait toute une foule de journalistes, photographes et cameramen, car ils voulaient probablement écouter et savoir ce que Monseigneur Monsengwo allait dire. Mais, ils n’ont pas eu de la chance. A la dernière minute, l’archevêque a connu un contretemps et il s’est excusé.
L’essentiel a été fait, le 16 février a été commémoré. Les raisons qui avaient motivé le peuple zaïrois à descendre dans la rue le 16 février 1992, demeurent. En effet, nous sommes loin d’une vraie démocratie, loin d’un Etat de droit. La guerre, la violence, l’insécurité, le chômage, le non-paiementdu salaire, l’injustice, l’arbitraire, la corruption, ... battent leur plein. Nous risquons de sombrer dans une dictature pire qu’avant, car elle sera le fruit des élections (libres ? démocratiques ? transparentes ?). Mais, juridiquement, nos dirigeants jouissent d’une légitimité.
Le rôle du peuple ne se termine pas avec les élections. Si le peuple congolais n’ose pas demander des comptes à ses dirigeants « élus », il sera exploité et écrasé sans pitié. Le 16 février 1992 pourra lui rappeler sa force. C’était une marche de l’espoir. Si tous et toutes se mettent ensemble, l’espoir pourra renaître. C’est pour cela que nous sommes obligés de commémorer chaque année cette marche de l’espoir.
Jos Das, cicm
Gardons notre marmite sur le feu
Le 18 Février nous avons assisté à la restitution de la session de Justice et Paix tenue à Mbiti, à laquelle quelques délégués de nos provinces cicm avaient participé. Même si je faisais partie de cette délégation, j’écris ces quelques réflexions en mon nom personnel. Je n’engage donc pas les autres confrères de l’équipe.
J’ai ressenti que plusieurs confrères attendaient quelque chose de plus concret qui pouvait nous mettre en route, de peur que notre marmite ne se refroidisse vite, et qu’un réchauffement par après n’aille perdre beaucoup de sa saveur.
Alors je me suis mis à écrire pour garder notre réchaud allumé, et pour descendre sur le terrain, en faisant quelques suggestions, particulièrement pour les confrères oeuvrant dans la pastorale paroissiale. J’espère que l’un ou l’autre va ajouter un peu de braises et que notre revue provinciale Echos devienne ainsi un premier élément de ce réseau dont on a tant parlé.
Le P. Laurent Mpongo avait demandé qu’on approfondisse davantage le concept d’ « alphabétisation conscientisante ». J\'essaie d\'y répondre en donnant quelques exemples concrets, dans la ligne des expériences partagées à la session de Mbiti. J’ai l’impression que le mot ‘alphabétisation’ nous fait trop penser à ces cours qu’on donnait ou qu\'on donne encore dans les paroisses aux mamans analphabètes. Pourtant l’accent est mis sur la conscientisation comme porte d’entrée pour arriver à un changement de mentalité nécessaire au développement humain que nous visons. Pour rester concret je ne peux que prendre l’exemple de ma paroisse de Ste Perpétue. Un autre confrère qui vit d’autres réalités trouvera d’autre actions qu’il pourrait initier, mais ensemble nous travaillons à la même priorité missionnaire : conscientiser en vue d’une plus grande justice et paix. Ensemble nous formerons un grand réseau dans la mesure où nous échangeons nos idées, nos expériences, nos défaites...où nous nous soutenons spirituellement pour pouvoir affronter les obstacles, et où nous nous laissons former en fonction de nos besoins ressentis. Voici quelques exemples : beaucoup de mamans vont travailler dans la carrière du fleuve : casser les pierres du matin au soir, dans le soleil, souvent accompagnées de leurs enfants. Beaucoup sont esclaves des commissionnaires qui fixent les prix. Dans les environs des carrières d’autres mamans fabriquent le lotoko, et d’autres ont aménagé un petit endroit où les casseurs viennent boire leur liqueur drogue. Beaucoup de ces mamans ne savent pas lire, mais ce qui est prioritaire, c’est qu’elles deviennent conscientes des injustices dont elles sont victimes, et des maladies qu’elles pourraient éviter pour elles-mêmes et pour les enfants. Un autre exemple concerne plutôt le milieu des intellectuels. Ils sont de plus en plus nombreux à Kinsuka et construisent de grandes maisons. Des gens qui viennent de partout. Ils savent lire et écrire, mais est-ce que nos intellectuels catholiques de la paroisse sont conscients de ce vaste champ d’apostolat qui est devant eux? Ne peuvent-ils pas organiser des rencontres, au début informelles, afin de les rendre plus conscients de leur responsabilité d’intellectuels dans la reconstruction de notre pays ? Je pense aussi aux conflits parcellaires dont beaucoup de gens sont victimes. Très souvent la cause est l’ignorance. A partir de quelques exemples concrets, on peut aider les gens pour qu’ils découvrent le système qui est à la base de ces injustices, c.à.d. à les rendre plus conscients afin d’éviter des situations pénibles. Bien sûr, il faut une certaine formation technique pour faire une analyse adéquate. Mais tous cela s’apprend dans la mesure où nous acceptons de travailler en groupe, en se formant mutuellement. Il y a aussi la commission paroissiale de Justice et Paix qui se débrouille par manque d\'encadrement au niveau diocésain, et qui a besoin d\'une formation technique et spirituelle. Tant de possibilités d\'actions. Il faut faire un choix.
A la session on a insisté pour qu’on choisisse une action significative qui est à notre portée. Significative veut dire qu’à travers cette action, même petite, on découvre une logique cachée qui est à la base des problèmes que nous rencontrons. C’est comme une clé qui nous aide à ouvrir d’autres portes. Une action à notre portée signifie que nous pourrons arriver à un résultat satisfaisant qui nous donne le goût et le désir d’aller plus loin, et d’entreprendre des actions plus exigeantes. Une action qui nous sert d’apprentissage et qui aboutit à une \'petite victoire\' comme nous pouvons en lire des exemples dans \'Exode\', le bulletin trimestriel du CIAM.
J’espère que j’ai répondu un peu à ceux qui attendaient une résolution concrète, qui nous mettrait d’emblée dans le bain. A chacun un peu de voir ce qu’il pourrait faire et avec qui il pourrait former une petite équipe d’action. En ce qui concerne les confrères en paroisse, je propose qu’après Pâques on puisse se rencontrer pour continuer notre réflexion. Je crois fermement qu’un réseau ne se construit pas d’en haut, mais qu’à la manière d’une araignée nous tissions notre petite toile à partir de quelques points d’attache.
Fernand Degroote, cicm
Partage
Aimons à être en silence pour L’écouter !
Dans ce monde où le bruit tend à être une religion, monde où tout est bruit et que sans bruit, rien n’est fait; dans ce monde technique, monde de l’homme loquace qui parle sur les médias soit pour distraire, soit pour séduire ou encore pour ne rien dire ; dans ce monde où l’homme trouve son épanouissement ou sa réalisation quand il partage ses impressions ou ses exploits, monde où la musique ou la sonnerie permanente du téléphone tendent à occuper la place du Divin, le très révérend Père Edouard Tsimba, Supérieur général cicm, nous invite dans son message publié dans Echos n° 140 du mois de décembre, à l’occasion du nouvel an à être hommes du silence. « Aimons à être en silence, disait-il, pour l’écouter, surtout quand il y a toutes sortes de bruits autour denous et à l’intérieur de nous ». Avec ce que nous venons de dire sur le monde actuel, cette invitation est-elle valable ? La réponse à cette inquiétude est même le but de notre présente réflexion ; réflexion faite pendant notre traversée du désert dans le désert c’est-à-dire, au noviciat pendant le temps favorable et fort, le temps du renouvellement intérieur comme le traite le Très saint Père Benoît XVI dans son message pour le Carême 2008. Temps de carême.
Que dire du silence, ce sujet qui fait peur et qui même à travers ces lignes se voit entrain d’être violé ? Quelle définition mérite-t-il, ce mot d’or facilement recommandé mais très souvent écrasé ? Au moment où les uns le définissent comme le fait de ne pas parler ; les autres pensent qu’il est une absence stricte de bruit ; et d’autres encore, surtout les philosophes – ces gens qui ont une diarrhée verbale et qui ne peuvent se taire que dans la morgue -, ceux-ci diront que le silence est la nuit du son. Mais nous, qui prétendons être hommes du silence, que dirons-nous ?
C’est ici que nous voulons faire parler notre expérience faite dans ce lieu de retraite annuelle où le silence, la prière, la lecture spirituelle et la méditation couvrent notre être .Contrairement aux faux silences, silences pathologique et satanique, le premier ayant trait aux infirmités naturelles et subies, tandis que le second invitant à la lâcheté et la complicité, le silence que nous prônons aujourd’hui, c’est un silence intérieur rappelant devoirs et vertus. Silence d’état, d’humilité, de charité, de patience et pourquoi pas d’obéissance comme le disait Marie-Paul Salonne, cette femme qui a fait l’expérience même du silence.
C’est un silence professionnel comme celui du secret confessionnal ; des membres des conseils généraux et provinciaux des différentes Institutions religieuses et laïques. C’est un silence comme celui du médecin après l’examen de son patient ; c’est un silence de maturité.
C’est une pudeur morale qui nous demande de nous taire devant nos mérites, nos talents et nos exploits comme nous nous taisons devant nos faiblesses. Et Benoît XVI de dire, toujours dans son message pour le Carême 2008, « Comment ne pas rendre grâce à Dieu pour les innombrables personnes qui, dans le silence, loin des projecteurs de la société médiatique, accomplissent dans cet esprit des actions généreuses de soutien aux personnes en difficulté» ?
Se taire par charité, c’est en quelque sorte se taire par compassion. C’est un appel à la souplesse verbale. On ne se moquera quand même pas, même en blaguant, d’une certaine faiblesse ou déformation physique de quelqu’un quand notre entourage héberge des victimes de ladite infirmité.
Ne disons-nous pas que Jésus, notre Maître, tout au long du chemin de la croix a souffert en silence ? Accepter de souffrir même quand on est innocent ! C’est difficile, oui, mais c’est cela être vraiment à la suite du Maître. Savoir se taire devant les afflictions, les souffrances et les contradictions vaines et inutiles pour n’agir que pour les plus nobles motifs, tel doit être notre comportement, nous qui agissons non pour quelque chose, mais pour QUELQU’UN comme le disait Mère Teresa de Calcutta.
Il faut préciser qu’ici, nous n’encourageons pas le silence devant les scandales écologiques, sociaux ou humanitaires, mais plutôt nous encourageons le silence surtout lorsqu’on reconnaît que l’on parle, très souvent inutilement de soi-même et surtout dangereusement des autres. Un ascète disait, « la principale prudence consiste à se défier bien plus de soi que des autres. »
C’est le silence le plus difficile à vivre. Car, chaque fois qu’on nous le recommande, la tendance générale est de l’éviter, surtout quand c’est le mal ou le moins bon que l’autre. On est toujours tenté de rapporter ce qui doit être tenu pour secret, parfois avec beaucoup de faux commentaires tout en recommandant à notre tour la discrétion. Quelle désobéissance et quelle indiscrétion !Mais quand bien même on se reconnaît indiscret, très souvent on discute tout en s’appuyant sur la Bible, ce livre de base de la foi chrétienne, qui présente aussi quelque cas d’indiscrétion. « A chaque fois que Jésus recommandait le silence à ses miraculés, ces derniers désobéissaient et prenaient plaisir à crier dans les rues et places publiques, ce qui leur était arrivé ». Mais la même bible nous présente aussi les gens qui se sont tus. « Et Marie gardait toutes ces choses dans son cœur ».Pour quelle raison ? Peut-être pour laisser aux événements de dévoiler leur sens au moment opportun ! Que cet exemple de Marie qui se taisait même quand ça brûlait dans son intérieur, soit aussi une des raisons qui feront qu’elle (Marie) reste vraiment pour chacun de nous, un modèle de foi et de fidélité comme le disait encore notre Supérieur général.
Oui, le silence est possible même dans ce monde bruyant et bavard où tout se fait dans le bruit. Il est une affaire de l’intérieur et c’est comme le disait le Père Jean Claude Kanku, notre Maître, lors d’une retraite annuelle de 2005 organisée par le staff du Scopenko sur le SILENCE-, indispensable à la vie de l’homme comme l’eau, le pain etc.
Pendant ce temps de purification, de motivation et d’intentions, notre réflexion se résumerait en ces mots : Seul, le silence est plus grand, tout le reste est faiblesse. Gémir, pleurer est également lâche. Le silence nous permet de rencontrer Dieu, de L’écouter et de nous laisser transformer par sa parole. C’est dans le silence que nous entrons au-dedans de nous pour y sélectionner tout ce qui est bien et rejeter tout ce qui est moins bon. Bref, c’est dans le silence qu’on peut aimer tout le monde sincèrement ; c’est dans le silence qu’on peut agir en toutes choses pour les plus nobles motifs ; c’est dans le silence qu’on peut mettre, sans hésiter, sa confiance en Dieu.
Iroung Emmanuel, novice cicm
Formation permanente
Nouvelles publications
Laurent Mpongo, cicm, Les africains dans la cicm Le cas du premier groupe. Editions L’Epiphanie, Kinshasa, janvier 2008, 149 pages
Les temps étaient accomplis pour restituer aux jeunes générations cicm d’Afrique et d’autres cieux, une histoire qui ne pouvait pas tomber dans l’oubli. N’a-t-on pas dit qu’un peuple qui ignore son histoire, se voue à la mort? Le lecteur de ce livre apprend, d’entrée de jeu les origines humbles de la cicm. A ses débuts, le cicm est comme un grain de sénevé. Ensuite, la disparition inopinée de son Fondateur en Chine (Mongolie) en 1865, ne l’abat pas. La cicmse montre très courageuse. Elle s’organise. Elle connaîtra, dans lasuite, un essor étonnant et un développement merveilleux. Après la Chine (Mongolie), elle s’établira dans l’Etat Indépendant du Congo, domaine du roi Léopold Il. En 1908, ce domaine royal deviendra le Congo belge. Répondant àd’autres appels, la cicm portera I’Evangile de Jésus-Christ àd’autres régions du monde. En 1947. la cicm envisagea de reprendre une activité qu’elle avait suspendue enChine (Mongolie) àpartir de 1927: elle s’ouvrit à la possibilité d’ériger des noviciats dans les régions où les Scheustistes étaient à l’oeuvre. Le lecteur sera surpris d’enregistrer les réactions que suscita, chez bon nombre de Scheutistes du Congo belge et parmi le clergé local, le recrutement des premiers candidats cicm africains. Il admira le courage dont firent montre les premiers candidats cicm africains. Par ailleurs, la cicm donna une formation humaine, spirituelle et intellectuelle de qualité aux jeunes Africains qu’elle avait recrutés Le lecteur sera heureux de compter bien des figures de proue parmi les premiers africains cicm.
Pierre Muamba Tujibikile, cicm, Pour un vrai Etat de droit au lendemain des élections en RD Congo. Editions L’Épiphanie, Kinshasa, janvier 2008, 148 pages
L’oeuvre du Père Pierre Muamba Tulibikile, cicm est de visée pratique servir d’outil de conscience et d’action au citoyen, en tant qu’elle se donne comme une « nouvelleéthique politique » que le dirigeant a l’obligation de s’approprier, de vivre, de mettre en pratique, pour que se réalise l’accord intime avec le peuple. Elle soulève le problème délicat de l’éducation des populations congolaises qui doit faire d’elles des sujets sociaux, artisans et bénéficiaires du bien-être général auquel le Créateur l’a destiné sur cette terrede la RDC.
En même temps qu’elle constitue un instrument de référence pour la formation des animateurs des sessions d’éducation civique, ce livre révèle le défi majeur de l’évangélisation aujourd’hui en RDC et en Afrique pour un développement humain durable.
L’auteur se situe résolument et ouvertement dans une tradition qu’il accepte, qu’il assume et qu’il entend continuer : l’engagement social de l’Eglise.
Dans cette oeuvre, les ressources de la foi religieuse s’avèrent non pas contradictoires mais complémentaires de la volonté et de la détermination à créer une communauté véritablement démocratique, qui approche le dessein de Dieu dans l’histoire comme perfection du monde, en vue du bonheur de l’homme.
Tout lecteur avisé et acquis à la cause du peuple y trouvera une occasion pour sa propre conversion de chaque jour et des pistes d’engagement et d’action en faveur de notre peuple.
Centre d’Information et d’Animation Missionnaire,Congo en marche. Ephémérides du CIAM. N°1. Kinshasa-Limete, janvier 2008
Mgr. Godefroy Mukeng-a Kalond, cicm, Une mission selon le dessein de Dieu : un regard de foi. LesEditions L’Épiphanie. Kinshasa, 2008, 66 pages
Ce livre est un itinéraire d’un croyant, un chrétien, un prêtre, un évêque. Itinéraire de Dieu avec son serviteur et du serviteur avec son Dieu et le peuple lui confié.
Mgr Godefroy nous invite, dans un regard méditatif sur son parcours missionnaire et de pasteur, à nous reconnaître tous et toutes portés dans la paume de la main de Dieu dans son élan créateur, recevant et répandant ses bénédictions.
Par-dessus tout, il nous invite à croire, à vivre l’amour sans mesure de Dieu pour chacun de nous. Car dans sa nature profonde, l’homme créé à l’image de Dieu demeure tourné vers Dieu dans sa louange, l’adoration, la reconnaissance et l’émerveillement et en toute son action. Sa destinée étant en Dieu.
En jetant ce troisième regard, celui de la foi sur les réalités quotidiennes du missionnaire, du serviteur, de l’envoyé de Dieu dans les traces et l’expérience fondatrice de Jésus Christ son Maître, Mgr Godefroy révèle la profondeur d’une vie totalement donnée à Dieu et aux hommes pour Dieu et pour les hommes selon le dessein de Dieu lui-même, le maître et Seigneur de l’histoire et des temps. Mgr y pénètre la réalité du Congo d’aujourd’hui et nous en livre les défis pour l’évangélisation, le développement et la démocratie.
Voici une expérience spirituelle d’un aîné, d’un chrétien, d’un prêtre, d’un pasteur qui peut réellement aider tout celui ou toue celle qui la parcourt, à revivre son propre itinéraire et sa foi comme donation humble et totale à Dieu et à son peuple pour le dessein de Dieu.
Autres communications
Prions pour nos défunts
Fr. Bernard Eijgermans, cicm, né le 18 juin 1931 à Delft, Pays-Bas, et décédé le 22 février 2008 à Teteringen, Pays-Bas.
Fr. Georges Minten, cicm, né à St-Margriet-Houtem, Belgique, et décédé le 27 février 2008 à Schilde, Belgique.
Le comité de rédaction d’Echos-Kin
Souhaite joyeuses Pâques
A tous les lecteurs.
Editeur responsable : Isidore Ndjibu, cicm : B.P. 1525 Kinshasa I
A usage privé
14
');